1. L’évaluation clinique du patient
Lorsqu’un patient sollicite une lettre ESA, la première étape consiste à évaluer la légitimité de sa demande. Le médecin ou psychologue doit examiner les troubles présentés, la manière dont la présence d’un animal peut contribuer à soulager les symptômes, et vérifier si des alternatives thérapeutiques ne seraient pas mieux adaptées.
L’évaluation doit aussi prendre en compte la capacité du patient à prendre soin de l’animal : temps disponible, ressources financières, environnement adapté (taille du logement, acceptation des colocataires ou bailleurs). Toutes ces informations doivent être consignées dans le dossier médical pour assurer la traçabilité.
2. Rédiger une lettre ESA conforme
Une lettre ESA doit être nominative, datée et signée. Elle doit indiquer l’identité du praticien, ses coordonnées professionnelles et son numéro d’inscription à l’ordre si applicable. La formulation doit rester sobre, centrée sur le fait que la présence de l’animal contribue au bien-être psychologique du patient, sans détailler inutilement des informations médicales sensibles.
Il est recommandé d’indiquer une durée de validité (souvent 12 mois), afin que la situation soit réévaluée régulièrement. Enfin, il est important de préciser que la lettre n’a pas de valeur légale universelle : elle peut être acceptée ou refusée selon les compagnies de transport, bailleurs ou pays concernés.
3. Situations pratiques fréquentes
Certains patients souhaitent venir en consultation accompagnés de leur ESA. Dans ce cas, le professionnel peut accepter, à condition de garantir l’hygiène et la sécurité, mais il reste libre de refuser si les conditions ne sont pas réunies (salle non adaptée, autres patients gênés). Une solution alternative doit alors être proposée (téléconsultation, autre créneau).
Lorsqu’un patient souhaite utiliser la lettre pour un voyage ou un logement, il est important de l’informer que chaque compagnie aérienne, chaque bailleur ou chaque pays a ses propres règles. La lettre ESA doit être complétée par des justificatifs vétérinaires (vaccins, identification) et une confirmation écrite de l’organisme concerné.
Enfin, si le médecin estime que la demande n’est pas fondée, il peut refuser la délivrance d’une lettre ESA. Ce refus doit être expliqué avec clarté et bienveillance, en proposant éventuellement d’autres solutions thérapeutiques.
Checklist pour les médecins et psychologues
Avant de signer une lettre ESA, vérifiez :
- Que l’indication clinique est pertinente et documentée.
- Que le patient peut réellement assumer la responsabilité de l’animal.
- Que la lettre est correctement rédigée : identité, date, signature, limites d’usage.
- Que le patient est informé des restrictions légales et pratiques.